Ce temps de confinement est bien particulier. Il peut être vécu comme une source de frustrations à répétition, ne pouvant plus nous enivrer au cœur de notre société de consommation, ne pouvant plus nous noyer dans un mouvement perpétuel ni nous laisser happer par des activités qui s’enchaînent. S’enchaîner… oui, c’est le verbe juste. S’enchaîner par un étourdissement quotidien. 

J’entends des personnes exprimer qu’elles se calment enfin, qu’elles ont du temps… Mais c’est oublier notre part de responsabilité entre un rythme sociétal et notre capacité à y participer. La société n’est responsable de rien. Nous sommes ceux qui la constituent. Elle est le fruit de qui nous sommes, elle est notre reflet. 

S’il vous plaît, posez-vous dans le calme, et tentez de répondre à ces quelques questions… Le temps est venu de s’interroger sur notre propre responsabilité… Sortir de cette satanée victimisation qui peut nous laisser croire que tous nos maux viennent de l’autre ou des autres, des dirigeants ou des voisins, des parents ou des cousins… Que sais-je encore… Nous sommes en mesure de nous trouver tant de bourreaux ! Et tant qu’il y aura des victimes, il y aura nécessairement des bourreaux. Commencer par inverser la dynamique est le début d’une autre vision des relations, quelles qu’elles soient. 

Je vous propose donc de méditer sur ces quelques interrogations… 

A quoi je participe, à quoi je collabore ? Comment, à mon bout de la relation, là où je suis, je mets ma pierre à un édifice qui ne me convient pas ? 

Suis-je en mesure de me positionner clairement, en parlant de ce que je vis, en sortant des ON, des TU pour oser utiliser le JE, pas le JE nombriliste mais le JE d’affirmation ? J’affirme que nous avons toujours le choix. Le non-choix est d’ailleurs un choix. Subir et se plaindre en est un aussi. Se mettre en mouvement pour proposer, construire autre chose en est également un. Peut-être demande-t-il un peu plus de courage et d’engagement… 

Est-ce que je sais refuser, sans me sentir coupable ? Est-ce que je sais demander, sans réticence ? Ou est-ce que je décide de me soumettre pour soupirer ensuite et m’enliser dans la plainte ? 

Je peux dénoncer un système qui ne me convient pas et participer à l’alimenter, à le consolider. Est-ce que cela a du sens pour moi ? Est-ce juste ? Que suis-je prêt à lâcher pour ne plus contribuer à bâtir et entretenir ce que je critique ? Est-ce que j’attends que ce soit l’autre qui bouge, me dédouanant en énonçant que ça ne sert à rien de me remuer puisque l’autre ne le fait pas ? Je rends, par là même, l’autre responsable de ce que je fais ou ne fais pas… Se blanchir avec habilité peut paraître tentant… 

Mais resterons-nous toujours des enfants, des enfants quelque peu particuliers puisque le désœuvrement a pris le pas sur l’émerveillement ? 

Après ces quelques réflexions intérieures, pouvez-vous revenir à votre quotidien relationnel ? Les dynamiques ne se ressemblent-elles pas un peu ? 

Que vivez-vous ? Comment nourrissez-vous vos relations ? En prenez-vous soin ? Vous affirmez-vous ou vous laissez-vous définir pour critiquer ensuite ceux qui vous accompagnent ? 

Passer de la victimisation à la responsabilisation est le défi d’aujourd’hui. Et si cela est le cas pour la société, pour les autres, alors, c’est que c’est déjà le cas pour soi. 

Belles méditations… 

Anne Weyer

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