S’il vous plaît, ne jugez pas celui qui se rue au supermarché et qui remplit son caddy… Je vous invite à avoir de la compassion pour lui, oui, cela me semble plus juste… 

Il a peur. Il s’affole. Il est envahi par ses émotions et n’a pas appris à les écouter, encore moins à les gérer. Il en oublie toute solidarité possible, il en oublie le partage… 

Mais lui a-t-on enseigné ce partage dans notre société si nombriliste ? Lui a-t-on montré ce chemin ? Je ne crois pas… 

Il sait utiliser les réseaux pour s’exposer en train de dévorer une glace à la myrtille , pour se regarder quand il a le blues, changer sa photo de profil s’il se trouve moche, pour se montrer avec ses proches, tous souriants même si leurs cœurs pleurent… Oui, ça, il l’a appris depuis longtemps maintenant. Il a appris à se regarder et aussi à mater la vie personnelle des autres par le même canal. Le mode de la pseudo-amitié s’est tellement développé qu’il en oublie que l’autre existe vraiment. Il vit sa vie de façon de plus en plus virtuelle. 

Alors comment attendre de lui qu’il considère son voisin comme réel, comme vivant, comme un semblable ? 

L’autre sert bien souvent de comparatif, il permet d’alimenter la course en avant de celui qui fait le plus de… qui voit le plus de… qui connaît le plus de… Et même s’il transfère des messages de partage, y repense-t-il en cas de crise ? J’en doute… 

J’en doute parce que ce réveil et cet éveil demandent du temps, celui de l’apprentissage, celui de la connaissance puis celui de l’intégration… 

Je doute parce que cette période bousculée réveille une vieille mémoire : celle de la guerre. La réaction soudaine est archaïque. Elle vient de loin, de très loin. Elle vient de leur histoire pour certains et de la mémoire familiale pour d’autres. 

Il y a ce message « Sauve qui peut » qui s’affiche directement dans son cerveau reptilien. Alors, il saute dans sa voiture, allume le contact et fonce tout droit, là où il croit tout trouver… Trouver ce qui lui manque, ce qu’il croit lui manquer et trouver ce qui risque de lui manquer. Son imaginaire prend toute la place et il ne sait pas que le désir se cache derrière la peur… 

Alors oui, je vous invite à vous relier à votre cœur… Plutôt que d’ironiser sur un être affolé et de vous désespérer sur son comportement qu’il ne sait pas être inadéquat, osez le regarder avec tendresse… Peut-être est-il même possible que vous lui envoyiez une énergie calme et apaisée parce qu’avant tout, c’est de cela dont il a besoin. 

Ce que nous vivons aujourd’hui est une leçon à découvrir, à observer puis à intégrer pour ensuite la transmettre. Il est inutile de critiquer les diffuseurs de peurs, il ne s’agit pas de s’énerver contre eux parce qu’alors, nous ne faisons que les mimer… 

La priorité me semble être de contrebalancer ces énergies nocives. Et le seul moyen que je connaisse est celui d’envoyer du bon et du doux, dans nos regards et dans nos pensées… 

Calmer le jeu. Calmer le JE… 

Anne Weyer

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