Média_Billet_Promenade en forêt

Promenade en forêt

Se promener en forêt par les temps qui courent peut être coûteux ou à l’origine d’économies non négligeables. Tout est une question de regard sur les choses.
En un jour de semaine ensoleillée, Mr et Me Michu montent en voiture, décidés de s’aérer les bronches. Monsieur a le désir de montrer quelques arbres gigantesques à son épouse. Madame accepte avec joie. Emballé par son désir de partage, il prend le volant de son véhicule, prenant soin de reprendre la route qui l’avait mené à ces beautés de la nature un jour de promenade en solitaire.
Ils arrivent à un carrefour nommé « carrefour de l’église ». Il réalise que ce n’est pas là qu’il avait repéré ces végétaux. « Pas de souci, ils ne doivent pas être très loin » dit-il à sa femme. Il regarde les routes et les chemins partant de ce carrefour et choisit de prendre celui qui n’est pas barré. Pas de panneau d’interdiction. C’est parti !
Ils roulent, seuls au monde dans la nature jusqu’à ce qu’ils arrivent face à un mur : des tas de terre empêchent le passage. Monsieur Michu décide de faire marche arrière quand il fait remarquer à sa passagère qu’un véhicule s’approche.
« Attention de ne pas reculer trop vite, le prévient-elle. Il pourrait ne pas percevoir que nous avançons à reculons », expression fort bien choisie en ces temps étranges. « Pas de souci lui répond-il. La voiture est à l’arrêt ».
Effectivement. Une petite camionnette barre le passage. Ils sont donc obligés de s’arrêter. Un homme sort du véhicule, se dirige vers eux :
- Qui êtes-vous ? que faites-vous là ?
Mr Michu raconte son histoire, partage son désir à l’origine de cette balade. Le jeune homme le regarde avec un grand sourire puis lui annonce qu’ils n’ont pas le droit de fréquenter cette route. Il demande alors les papiers du véhicule ainsi que la carte d’identité du conducteur. Stupéfaits, ils partagent leur étonnement et leur bonne foi. Ce ne sont pas des habitués de la transgression. Arrive alors une seconde personne dans sa propre camionnette. Elle est plus âgé que la première, tout aussi agréable. Elle leur confirme qu’ils sont passibles d’une amende. Un troisième véhicule apparaît. En sort un adjudant de l’ONF, carnet de PV à la main, en résumé, le chef des deux premiers. Disant à peine bonjour, il demande les papiers, sort son stylo et note consciencieusement toutes les coordonnées des contrevenants.
Monsieur Michu reste courtois, enfouissant sa colère dans le fond de son être, partageant son amour des arbres. Les agents assermentés ne semblent connaître aucun lieu dont il parle. Étrange…
Madame a plus de mal à garder son calme. Sensible à l’injustice, elle exprime qu’ils ne peuvent pas savoir que cette route est interdite à la circulation puisqu’elle n’est pas barrée et qu’aucun panneau de sens interdit ne figure à l’entrée.
« Non, mais c’est comme ça Madame, lui répond le plus jeune ».
Elle insiste en reformulant différemment ce qu’elle venait de dire. L’adjudant ne la regarde pas et se contente de sortir la phrase type très actuelle : « Nul n’est censé ignorer la loi. C’est comme ça ».
Est-elle rebelle ou simplement en colère ? Elle demande comment savoir à quel endroit circuler ou pas. L’un d’eux lui rétorque qu’il existe des arrêtés préfectoraux.
- Où figurent ces arrêtés préfectoraux ? demande-t-elle
- A la Préfecture, lui répond-il
- Mais alors, nous devons donc appeler la préfecture avant d’aller nous promener en forêt ?
- Oui, c’est comme ça.
- Et c’est combien l’amende ?
- 135€
Elle ne peut s’empêcher d’ajouter que c’est le nouveau tarif en vigueur :
- C’est vrai qu’on a droit maintenant à un tarif unique !
Madame Michu choisit de retourner dans la voiture afin d’éviter de provoquer, par sa réaction, une amende pour outrage à agent. Elle respire et se demande comment transformer cette promenade gâchée en joie.
Alors qu’ils rebroussent chemin, elle prend le temps de photographier l’absence de signalisation, décidée à contester l’amende auprès de la Préfecture ,quand elle réalise qu’ils sont sortis de voiture sans masque : donc passibles de 2 fois 135€. Et dans leur quête de partage, ils en ont également oublié la limite du rayon de 10km de promenade autorisée : encore 2 fois 135€.
Leur journée ne leur coûte pas 135€. Ils ont économisé 540€ ! La vie est belle !
Elle ne contestera pas l’amende, peur de devoir payer davantage… C’est ainsi qu’on apprend à se taire.

ANNE WEYER 

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