Média_Billet_9 On mange quoi à la cantine ? 2

L'actu d'une citoyenne lambda

Aujourd’hui, je choisis de vous partager l’actu d’une citoyenne Lambda.
Une femme, quelque peu perdue au cœur d’une société qui s’informatise chaque jour davantage, se doit de changer l’adresse de sa carte grise suite à son déménagement.
Elle possède un ordinateur et se place, de bon matin, devant son écran afin de chercher comment procéder pour entamer cette démarche.
Tout semble clair. Il suffit de se rendre sur le site de l’ANTS, ce qu’elle fait. Elle remplit, comme demandé, les cases qui s’affichent, indique son nom de naissance et son nom de femme mariée. Elle renseigne également la case immatriculation, appuie sur étape suivante. Là, elle lit qu’un code lui sera transmis par mail et par courrier. Jusque-là, tout va bien. Elle reçoit ledit code, qu’elle entre sur le site.
Pas de chance ! Réponse automatique : le nom de la personne ne correspond pas à celui qui est enregistré, dans le cloud sans doute, puisqu’il lui est stipulé que la personne qui fait la demande n’est pas le propriétaire du véhicule.
A ce moment précis, elle s’interroge. Effectivement, elle a acheté cette voiture une quinzaine d’années auparavant, elle ne l’a volée à personne, elle l’entretient du mieux qu’elle peut, espérant la conserver encore longtemps, même s’il y a désormais des endroits où elle n’a plus le droit de se rendre selon les saisons. En effet, un diesel de 2005 ne peut plus se déplacer où il veut. Il lui faut une petite vignette particulière mais, pas de chance, elle n’y a pas droit. Il lui faudrait, au nom de l’écologie, changer de voiture. Là n’est pas le sujet du jour, juste une anecdote en passant…
Suite à ce message de l’ANTS, elle se raconte qu’il doit y avoir confusion entre son nom de jeune fille figurant sur la carte grise et le son nom de femme, même s’il figure aussi sur la carte grise.
Elle envoie donc un mail pour faire part de sa difficulté. Cette agence lui communique donc un second code. Encore calme, elle refait une demande de changement d’adresse sur sa carte grise. Refusée pour la même raison.
Elle renvoie un mail et reçoit comme réponse qu’elle doit contacter directement l’ANTS. Un numéro d’appel lui est communiqué avec des horaires d’ouverture. Elle se sent rassurée, elle va pouvoir être accompagnée dans sa démarche.
Un matin, elle prend son téléphone, appelle et entend la voix joliment travaillée d’une boîte vocale. Après avoir taper des 1, des 2, encore des 1 puis enfin le numéro de son département, elle entend qu’elle doit contacter la préfecture.
Ah ! Elle va enfin entrer en contact avec quelqu’un qui va l’aider !
Une personne décroche, alors elle explique sa situation et entend que, comme elle a fait sa démarche avec l’ANTS, elle doit appeler l’ANTS.
Là, elle commence à se demander si elle n’est pas folle… Elle explique que l’ANTS l’a aiguillée, par boîte vocale interposée, vers la préfecture.
L’être vivant à l’autre bout du fil lui répète une seconde fois que la Préfecture ne peut rien faire et qu’il faut qu’elle appelle l’ANTS.
Pensant s’être mal exprimée, de nouveau elle explique ce qu’elle vit avec des mots simples : « je veux changer l’adresse de ma carte grise pour être en règle avec la législation, je suis les consignes. Je passe par l’ANTS. Ça ne fonctionne pas. L’ANTS me dit de contacter la Préfecture. Je vous appelle et je vous entends me dire que je dois contacter l’ANTS ». Elle se revoit petite fille, les bras tendus de chaque côté de son corps, et les copines tout autour d’elle qui balancent ses bras pour qu’elle tourne en rond jusqu’à ne plus savoir où elle est, étourdie au point que ce n’est plus elle qui tourne mais le monde autour d’elle… Petit flash-back passé, elle lui exprime son désarroi… Réponse : « Je ne peux rien pour vous ». Elle se permet une petite intrusion verbale : « Vous vous sentez bien dans ce système ? Voyez-vous à quoi vous collaborez ? ». Et là, elle entend : « Je suis comme tout le monde, c’est comme ça, on n’a pas le choix ».
Elle raccroche son téléphone, hébétée…
Voilà où nous en sommes… Voilà comment un système parfaitement huilé, exclut, lentement mais sûrement, des citoyens lambda perdus dans l’ère de la technologie. Sans compter ceux qui n’ont même pas les moyens de s’informatiser.
Oui, tous ceux qui participent à mettre en place une multiplication de petits rouages informatiques qui, accumulés les uns aux autres, suppriment tout contact humain, collaborent à l’exclusion de leur voisin, de leur parent, de certains de leurs amis, de ceux qu’ils ne connaissent pas… Mais ils sont heureux, ils gagnent bien leur vie, changent de voiture quand ils le souhaitent, peuvent même s’offrir une hybride… Ils évoluent dans un univers qui leur semble tellement normal !
Jusqu’à quand tous ces inhumains qui s’ignorent, avanceront-ils dans l’inconscience la plus absolue ? Pour l’instant, ils n’appartiennent pas au groupe des exclus… Mais comme le dit l’adage : « la roue tourne, disait Clara, lorsque le camion l’écrasa ».



ANNE WEYER 

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