Du jour au lendemain, tout s’est arrêté ou presque. 

Les écoles, les établissements publics, les parcs, les restaurants, les lieux de culte et j’en passe, ont été sommés de fermer leurs portes. Plus d’activité, excepté pour ceux qui travaillent sur des ordinateurs, ceux qui sont dans le domaine de l’alimentaire et ceux qui soignent. Les autres, sont stoppés net. Cet inattendu est quand même incroyable ! 

Chacun s’est retrouvé chez soi sans l’avoir programmé. Alors, parmi eux, certains s’en sont réjoui. Ils ont fait de ces moments un temps de récupération, un temps de repos, un temps de pause. D’autres se sont retrouvés face à leur solitude et à leur détresse : vivre avec soi n’est pas simple pour tout le monde. Ont été confinées des familles ne se supportant pas, ou plus. Les violences faites aux enfants et aux femmes se sont multipliées. Plus d’échappatoire possible, l’œil extérieur n’ayant plus de prise sur le « qu’en dira-t-on ». Puis il est resté quelques souriants ou soupirants, c’est selon, qui l’air heureux ou dépité, exprimaient : « pour moi, ça ne change rien ». Leurs habitudes n’ont pas été bousculées. 

Sont ainsi passés deux mois voire trois. 

Personne ne s’est révolté. Tout le monde a obtempéré en disant : « on n’a pas le choix de toute façon »… 

Un jour, ils ont tous eu le droit de ressortir, plus ou moins, mais en tout cas selon certaines conditions. Ces dernières ont été acceptées et respectées, sans rechigner. 

Comment des peuples entiers peuvent-ils se plier à des consignes s’appuyant sur des informations contradictoires ? Comment des nations que l’on dit indisciplinées peuvent-elles tout à coup marcher droit et toutes dans le même sens ? Certes ce n’est pas nouveau depuis que le monde est monde. 

La réponse est simple : l’arme utilisée pour faire avancer les troupes est fatale, c’est celle de la peur. Non, ce ne sont pas les amendes à payer, bien que… ce sont surtout les menaces proférées par les contrôlants de notre système : politiques, financiers et journalistes, ceux qui font la pluie et le beau temps de notre quotidien et qui ensemble, préparent les informations anxiogènes et brandissent le spectre de la mort. 

Dans un bureau blanc, une femme s’interroge. Son job s’est arrêté, comme pour beaucoup d’autres. Elle se questionne sur ce confinement imposé, mais surtout sur ceux qu’elle s’impose et sur ceux dans lesquels elle en entraîne d’autres, sans conscience. Elle accompagne des personnes à oser devenir libres et elles-mêmes, mais en fait, elle ne fait que leur permettre de changer de carcan en leur faisant croire qu’ils se libèrent. 

Ce temps suspendu lui a permis de trouver la voie pour sortir de ces enfermements. 

Une société contrôlante a cela de bon : elle donne une occasion fabuleuse aux êtres en soif de liberté de développer leur créativité afin de rester affranchis. Les autres suivent. Parfois ils rechignent, mais finalement assez peu. 

Puis un jour, animée par le cœur, vient à l’idée de cette femme de proposer cette ouverture aux êtres qu’elle accompagne. 

C’était trop violent pour des contrôlants… Elle ne l’a pas mesuré. Après le confinement, le déconfinement possible sans masque ni gants ? 

La claque qu’elle a reçue fut brutale. Ceux qui hier, clamaient haut et fort que ce manque de liberté imposé par l’Etat était finalement un bonheur, ont vrillé. A force d’arguments, ils lui ont demandé que le joug imposé par des histoires qu’on se raconte soit maintenu. Comment ça ? un changement sans être prévenu ? C’était soudain, inattendu. 

Cette femme, créant une tempête qu’elle n’avait pas imaginée, s’est retrouvée accusée, dévalorisée, jugée par ceux-là même qui l’encensaient. Il est vrai que ce qui est clamé trop fort est rarement juste. La posture mimée cache souvent les blessures non soignées. 

Pourtant, elle est la même… Elle est la même mais sa liberté intérieure recouvrée grâce au confinement, les dérange dans leur programmation. Ils pensaient venir la voir, un week-end par mois, dates affichées depuis deux ans et donc considérées comme immuables… Ils apprennent cependant que lorsqu’ils disent : « je prends le train demain à 18h », ils sont dans leur imaginaire… Mais ils ont tout à coup tout oublié. Ça, c’est vrai sur un livre d’exercices, mais sur celui de la vie, emporté par leurs remouds intérieurs, c’est insupportable et surtout inapplicable ! 

Quelques semaines avant, ne pouvant contrôler tout ce qui se jouait au niveau étatique, ils ont obéi. Mais face à quelqu’un qui n’est rien d’autre qu’une personne qui tente de leur permettre d’ouvrir la porte de leur propre cage, ils font preuve d’un grand art pour remettre à sa place, tout ce qui avait bougé dans sa tête, pour la replacer dans la droite ligne, celle qu’ils avaient prévue. Elle les entend, les respecte. Et pourtant, ils n’en semblent même pas soulagés. Ils sont pour beaucoup aveuglés par leurs émotions liées au réveil de leurs blessures. Le discernement les a abandonnés. 

Comment ont-ils pu penser qu’une femme affranchie reste enfermée ? Comment peuvent-ils imaginer qu’elle puisse les trahir alors qu’elle ne rêve que de leur permettre de contacter leur joie intérieure ? 

Comment peuvent-ils penser qu’un état de plus en plus contrôlant leur apporte la protection et la liberté ? 

Entendront-ils un jour combien ils sont formatés et combien ils sont devenus eux-mêmes très contrôlants ? Entendront-ils l’énergie qu’ils ont dépensée pour remettre dans le droit chemin quelqu’un qui, selon eux, dévie ? Entendront-ils la violence dont ils peuvent faire preuve au-delà de leurs propos ? Elle est intérieure parce qu’ils se contrôlent. Mais la femme la sent, entend le bruit des bottes et ça la fait frémir… 

Le contrôle devient le maitre mot de ce monde. Il est individuel et collectif. 

Ils tremblent à l’idée d’être contrôlés mais le réclament et l’imposent à d’autres en même temps, parce que ce système a réussi à leur faire croire que seul ce contrôle est gage de vérité et de sécurité. Il est devenu une norme sociétale. Et petit à petit, il permet de glisser vers la dénonciation en se sentant légitime… 

Le cœur des êtres dans la ligne fait silence, sans qu’ils s’en rendent compte. Cela a quelque chose d’effrayant… mais quel bel enseignement ! La femme au bureau blanc les remercie d’être là, d’être qui ils sont. Cela ne fait que la conforter dans l’idée qu’elle est sur le juste chemin. L’étau qui se resserre avance sans bruit, lentement mais sûrement. Elle ne souhaite plus collaborer, consciemment ou inconsciemment, à son maintien, voire son renforcement. Ce temps-là est révolu pour elle.

Anne Weyer 

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