Nous sommes 12 personnes en formation, peu d’hommes. Pas de table dans cette salle. Assis en cercle sur des chaises, un peu raides à mon goût !

Trône au milieu un bâton coloré posé au sol : c’est le bâton de parole, un outil de communication. Je souris dans mon for intérieur. J’imagine cela à la banque ! Pas de table en réunion, rien pour poser notre portable… Pas de power point projeté. Ici, personne n’a d’ordinateur.  Je n’ose pas sortir le mien de son sac. Il passe la journée sous ma chaise.

L’animatrice, Cléofée, nous propose de nous lever. Je manque de pouffer de rire : nous allons jouer à la balle ! Je dois lancer la balle à une personne de mon choix en donnant mon prénom et c’est tout : « Je suis Arnaud ». Je l’envoie à la femme qui est en face de moi, elle me regarde et me dit : « Oui, tu es Arnaud. Je suis Véronique ». Que je sois Arnaud, ça je le sais. Qu’elle me dise oui… elle dirait oui même si j’énonçais Victor puisqu’elle ne me connaît pas… Puéril ce jeu.

J’apprends par la suite que cette présentation est une illustration d’un outil de la Méthode ESPERE® : la confirmation. Je me sens un peu gêné d’être ainsi moqueur… L’ironie, c’est mon fort !

Après avoir fait le tour des prénoms, nous nous asseyons et devons choisir un objet que nous avons, soit sur nous, soit dans une poche ou dans notre sac et nous devrons nous présenter à partir de cet objet. J’avoue que je transpire un peu… Ma montre ? Oh non… elle est trop moche… Ma ceinture ? Et si mon pantalon baille ??? Une chaussure ? Je crois que j’ai des trous à mes chaussettes… D’ailleurs, ce serait bien que je m’en achète ce soir en rentrant. Mon Mont-Blanc ? Ça fait trop riche… Je vais prendre ma calculatrice ! Pour un banquier, c’est bien !

Lorsque chacun a fait son choix arrive le moment des présentations. Pour prendre la parole, nous devons saisir le bâton de parole en respectant quelques règles.

Alors là… ce serait compliqué dans mon travail !

Mais je suis étonné car ça fonctionne ! Je me demande si ce n’est pas la première fois que j’écoute les autres avec autant d’attention, même si je suis un peu pollué par ce que j’entends : personne ne parle vraiment de son travail ou si peu. Alors moi, avec ma calculette…

Finalement, je m’en sors à peu près. J’explique que je compte beaucoup : le temps qui passe, les heures de sommeil, les kilomètres que je parcours dans l’année, les litres de gas-oil dans ma voiture, ma consommation d’électricité, le nombre de jours dans la semaine, les week-ends où je vois mes enfants, les années qui passent, celles qui sont censées me rester à vivre, et l’argent ! Celui que je gagne, celui que je donne, celui que je dois, celui que je place, celui des autres, les taux d’intérêts et de placement, le coût d’un découvert… Sans m’en rendre compte, j’ai bien choisi mon objet ! Je ne comprends pas pourquoi Cléofée me demande si je compte pour quelqu’un ou si quelqu’un compte pour moi… Je souris, comme ma voisine…

Les présentations terminées, un second outil nous est présenté : l’écharpe relationnelle.

Nous faisons quelques exercices pour illustrer ce constat.

La journée se termine. Je me sens exténué mais aussi rassuré. Je ne suis pas le seul à rencontrer des soucis de communication !

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