Le temps est venu de lâcher le besoin d’approbation qui n’est qu’un souvenir de notre enfance enfouie. Le temps est venu de se coltiner à notre impuissance et de nous relier ardemment à notre humilité. Quel petit caillou je souhaite poser, aujourd’hui, ici, maintenant, pour l’Humanité ? De quelle planète je rêve ? 

Le temps est venu de regarder notre égo en face et de papoter avec lui… Donnons lui un petit nom et entamons la conversation ! Il nous raconte tellement de balivernes que c’en est parfois drôle. A quoi le reconnaître, me demanderez-vous ? Vaste sujet que j’explore chaque jour un peu plus. 

C’est ce rigolo qui pédale de concert avec notre mental. Il ramène les choses à nous, à notre nombril. Il embarque dans son sillon les peurs, les comparaisons, les « moi je », les jugements multiples, sur soi et sur l’autre. 

L’égo est comme une boîte de Lego. Pas pour rien qu’il porte ce nom ! Avec, nous pouvons construire des murs, avec ou sans fenêtre, des murs de plus en plus hauts et de plus en plus solides. Et nous nous coinçons entre eux, nous sentant à l’abri alors que nous ne faisons qu’assécher notre cœur. Nous pouvons bâtir des empires de toutes les couleurs puis les détruire à notre guise lorsqu’ils ne nous conviennent plus. Des petits bonhommes peuvent permettre de peaufiner le décor et ce sont des mini humains qui ne bougent que si nous le voulons. Sans cela, ils restent immobiles et muets, ils ne nous dérangent pas… Ils se rangent dans des boîtes, et si vous regardez bien, tout est à angle droit. Rien ne dépasse. Le temps passe et les boîtes se perfectionnent. Il est toujours possible d’en racheter de nouvelles pour reconstruire et déconstruire à nouveau. C’est un monde imaginaire qui se croit bien pensé… 

Notre égo est donc un peu comme ça. 

Et notre cœur alors ? Il est vivant, il bat, parfois la chamade, parfois calmement. Il envoie des baisers et ouvre grand ses bras. Il respire en harmonie avec les vagues de l’océan. Il a ce petit mouvement sacré de la vie. Il regarde avec tendresse et compassion. Parfois, il se fait plus ferme, mais sans se fermer pour autant, juste pour montrer le chemin. Il a ce don particulier de ressembler à une petite flamme. Il peut éveiller le cœur d’à côté lorsqu’il se repose un peu trop sur ses lauriers, ou lorsqu’il fait la grasse matinée trop longtemps. 

Alors, si nous nous relions à lui et seulement à lui, si nous inspirons et expirons en posant nos mains sur lui, qu’entendons-nous ? Quelle est la belle idée qui nous vient ? Qu’est-ce que nous pouvons voir éclore puis grandir ? Ouvrons nos capteurs et laissons venir… Abandonnons notre jouet qui nous joue des tours et accueillons… Nous le reprendrons ensuite pour qu’il nous aide à construire ce que notre cœur nous enseigne. 

En effet, il ne s’agit pas de jeter notre égo à la poubelle. Il s’agit simplement d’apprendre à l’utiliser à bon escient… au service de notre cœur. Pour cela, il a besoin d’être éduqué, managé. Il a souvent tendance à gonfler le torse et dire « Moi moi moi », à diriger nos pensées, nos arguments. Et pour cela, il se nomme la raison. 

Le cœur peut le regarder avec tendresse et lui boucler le clapet : « On se calme Capitaine ! Pars faire la sieste, ce n’est plus toi le chef ! Oui, tu peux mettre ton couvre-chef et te reposer à l’ombre…. Je te donnerai le La lorsque j’aurai besoin de toi ! ».

Anne Weyer

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