En ce temps de confinement, il y a ceux qui attendent que ça se passe, pensant que demain sera comme hier. 

Il y a ceux qui se plaignent d’être enfermés chez eux, qui pleurent sur leurs frustrations. 

Il y a ceux qui subissent des maltraitances quotidiennes, la fermeture des portes maintenant sous silence les violences familiales. 

Il y a ceux qui souffrent de maladie, de solitude, ceux qui meurent seuls, abandonnés. 

Il y a ceux qui continuent comme si rien ne se passait. Ils reproduisent chez eux le rythme du boulot. Ils maintiennent des horaires fixes, se rassurant dans ce qu’ils connaissent. 

Il y a ceux qui participent à entretenir le système dysfonctionnant, voire participent à le renforcer. Ils affinent leurs calculs, bâtissent des tableaux remplis de pourcentages et d’indicateurs. Ils projettent un monde plus efficace, plus rentable. Ils déclarent que le télétravail permet un accroissement de la productivité incontestable. Alors, ils réfléchissent ardemment à la mise en place d’une organisation qu’ils imaginent infaillible. Ils constatent aujourd’hui que leur personnel « informatisable » ne perd plus de temps, ni en trajet, ni en pause, encore moins en papotes autour d’un distributeur à café. Ils reconsidèrent les organisations existantes. Faire travailler les personnes de chez elles diminue les frais fixes. Aux salariés de payer leur loyer, leur électricité, l’encre, le papier, le chauffage et les fournitures diverses. Une petite prime pour les dédommager de tout ça et l’affaire sera dans le sac ! La robotisation en place depuis longtemps dans l’industrie, gagne du terrain dans le tertiaire. Merci l’informatique ! 

Que l’humain s’isole, s’enferme chez lui, ne semble pas faire partie des préoccupations des grands calculateurs. Les financiers ont trouvé une parade pour se raccrocher aux branches. 

Qu’une partie de l’humanité reste sur le carreau ne paraît pas non plus être un problème. D’ailleurs, aujourd’hui, qui peut vraiment travailler, à part ceux qui tripotent des touches d’ordinateurs ? Pas grand monde… Et dans cette frange de privilégiés, combien sont ceux qui n’ont aucune conscience de ce qui se joue aujourd’hui pour tous les autres ? 

La conscience habite surtout ceux qui payent le prix de ces métamorphoses professionnelles depuis longtemps déjà. Leurs emplois ont été supprimés pour être remplacés par des machines, des distributeurs en tout genre, que chacun utilise sans vergogne parce que ça fait gagner du temps… Je me demande d’ailleurs sur quoi ? Arrivera-t-on à la tombée de la vie plus tôt ? Est-ce à cela que sert le temps économisé ? 

Certains humains, coupés de leurs cœurs, consolident donc un mécanisme qui excluent toute une partie de l’humanité… Comment est-ce possible ? 

J’ai envie de hurler un grand STOP ! Arrêtez le carnage ! Réveillez-vous ! Vous devenez fous ! 

Puis il y a ceux qui viennent en aide aux autres, qui font leur part de colibri dans cette période de remous. Il y a aussi ceux qui s’interrogent et couvent, sous leurs ailes, un projet pour un monde futur, plus humain, plus solidaire, plus respectueux. Et ceux-là me font chaud au cœur. Ils me permettent de croire en l’avenir de l’Humanité. Merci d’être là. Merci. 

Anne Weyer 

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