Les enfants sont les adultes de demain. Ils embrasseront le monde à notre place bientôt. 

Alors, que souhaitons-nous pour eux et pour ce monde ? Rêvons-nous de les voir vivre ce que nous affrontons aujourd’hui ? 

Nous voici le nez collé à celui de notre propre insouciance, nous voici face à face avec les conséquences d’une course matérielle effrénée générant un individualisme à outrance. Et quelle médaille avons-nous obtenue ? Celle qui nous permet de découvrir que la nature est bien abimée, je parle de la nature mais surtout de la nature humaine et de ce qu’elle est capable d’engendrer. 

En quoi l’apprentissage de la communication changerait quelque chose ? 

L’apprentissage de la communication permettrait aux enfants de prendre conscience que des relations existent entre eux et les autres. Et prendre conscience de cela est fondamental puisque c’est ce chemin qui montre la sortie du pays de la dualité. 

Alors, ils découvriraient qu’une relation est précieuse, fragile et qu’il est nécessaire d’en prendre soin parce que c’est un véritable besoin. C’est ainsi qu’ils apprendraient à repérer tous les mots poisons qui mitraillent les liens au risque de les déchirer et de les détruire. 

Ils découvriraient qu’il est possible de s’exprimer autrement, de manière plus relationnelle, plus respectueuse. Et surtout, ils tiendraient dans leurs mains leur bout de la relation, laissant l’autre au sien. 

Ils arrêteraient donc de penser à la place de l’autre. Ils lui permettraient de s’exprimer en parlant de lui puisqu’ils sauraient que nous sommes tous, chacun à notre place, responsables de ce que nous disons, de la manière dont nous exprimons les choses ; nous sommes responsables aussi de ce que nous taisons, nous sommes responsables de ce que nous faisons et de ce que nous ne faisons pas, nous sommes responsables des histoires que nous nous racontons à propos d’un autre, nous sommes responsables de ce que nous pensons et aussi de ce que nous ressentons. 

Et cela est fondamental ! En effet, lorsqu’ils intègreront cela, plus moyen de culpabiliser l’autre ! Refiler la patate chaude au voisin n’aurait plus de sens. Terminer le temps où ils attaqueront celle ou celui qu’il juge responsable de leurs maux. 

Et pour intégrer cela, ils apprendraient bien-sûr à s’écouter. Ecouter leurs émotions et ce qu’elles ont à leur dire de qui ils sont. Ils nommeraient leurs ressentis et pourraient alors poser des demandes qui ne seraient plus des ordres à répétition. Finis les reproches et les critiques lorsqu’on sait s’affirmer. 

Ils s’interrogeraient sur ce qui est juste pour eux et sur ce qui ne l’est pas. Ils seraient en mesure de se positionner dans le respect de l’autre et d’eux-mêmes. Ils sauraient mettre à l’extérieur ce qui bout à l’intérieur d’eux, tout cela en s’exprimant avec justesse et sans mettre leurs mots au service d’une prise de pouvoir, sans plus jamais projeter des canons de violences. 

Puis, au fil de cet apprentissage, ils apprivoiseraient leur intériorité. Ils feraient leur propre connaissance. Ils pourraient découvrir ce qui, en eux, leur appartient et ce qui appartient à leurs ancêtres. Ils leur redonneraient alors délicatement ce qu’ils leur auraient pris. 

Bien-sûr il y aurait toujours des chagrins, des colères et des emportements. Mais la gestion même de ces états en serait transformée. 

Cet apprentissage les remettrait sur un chemin que leurs géniteurs ont souvent perdu : celui du sens. Car se relier à soi permet bien de mettre du sens sur notre histoire et nos histoires. Et découvrir cela, c’est réveiller les étoiles dans les yeux, c’est lâcher la victimisation et donc la tentante vengeance, consciente ou inconsciente. C’est abandonner l’égocentrisme et la compétition au profit de la compassion et de la coopération. 

Enseigner la communication relationnelle aux enfants, ce serait leur permettre de découvrir qu’un cerveau bien cortiqué n’est pas suffisant et qu’il est même capable d’engendrer le pire s’il ne vit pas de concert avec le cœur… 

Alors, ce jour-là, les enfants devenus adultes ne passeraient plus des heures à tergiverser sur ce qu’il serait bon de faire ou de ne pas faire pour la planète, parce qu’ils sentiraient que la planète et eux ne font qu’un, et ils en prendraient soin, naturellement, tout naturellement… 

Ils connaîtraient l’amour, le vrai, pas celui qui est simulé, pas celui qui est nommé sans être ressenti dans les tripes, pas celui des discours mais celui qui est le véritable langage du cœur… 

Les enseignants de ces enfants seraient bien-sûr formés pour pouvoir transmettre à leur tour. Ils seraient formés avec une exigence posée : celle de la congruence… car comment enseigner quelque chose qui n’est vécu que dans les propos et pas dans les actes ? Cela resterait une illusion. 

Et il est urgent, très urgent que les Hommes sortent de leur illusion et qu’ils réveillent leur conscience. 

Anne Weyer 

1 Comment

  • Merci Anne pour ce texte puissant que je vais diffuser en espérant qu’il soit lu par des personnes en responsabilité dans ce domaine.
    Bien amicalement.

    Sophie
    Posted 10 avril 2020 at 16 h 18 min

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