Je monte sur le dos de mon aigle fétiche, je pose ma tête contre son cou et je me promène dans le ciel.  Je prends de la hauteur et cela m’aide à sortir de mes interrogations, de mes doutes, de mes peurs quand ce ne sont pas des frayeurs. Alors le sourire revient sur mes lèvres et les fous-rires dans ma tête. J’observe et je m’amuse.

Parfois j’ai l’impression de percevoir et de voir des choses que mes proches ne soupçonnent pas. Est-ce moi qui divague ? C’est possible…

Notre société, organisée, voire même super organisée, se targue d’être le pays de la liberté. D’ailleurs, combien d’êtres se mettent en danger pour atteindre notre paradis ? Pléthore… Il est vrai que tout est relatif… Mais je ne parle que de ce je connais.

Les hommes qui dirigent notre pays de la liberté fichent tout et tout le monde, lentement mais sûrement… L’étoile jaune de la liberté ! Qui peut se targuer de n’être pas enregistré quelque part, noté dans un fichier, en lien avec bien d’autres, quoi qu’ils en disent ? Nos têtes mal pensantes mettent en place, grâce à des outils fabuleux, des détecteurs de mensonges ! Comment ? « Les informations vous concernant et énoncées par vous-même ne se recoupent pas. Madame, Monsieur, osez vous montrer tel que vous êtes, avouez votre faute. Certes vous allez payer mais vous paierez moins cher si vous nous dites la vérité ! ».  Tactique ancestrale ! Le mode de communication dominant dominé perdure.

Les hommes qui nous gouvernent commandent à d’autres hommes d’améliorer, de peaufiner les réseaux, les automatismes, les calculs, les contrôles, de consolider les parois du four en construction.

Où est la conscience ? Où est le recul ? Où sont les sages ? Ceux qui sont aujourd’hui nommés comme tels font partie intégrante du système qui fait tache d’huile. Ils collaborent complètement au perfectionnement du rouleau compresseur mais se posent-ils la question de sa finalité ? Les avantages dont ils bénéficient pour tenir ce titre honorifique leur dictent de taire et de se taire sur certains sujets fâcheux, en tout cas anxiogènes… L’humain pris au piège de son égo…

Einstein, en son temps, a fait des découvertes exceptionnelles. Soupçonnait-il ce que l’homme en ferait un jour ? Un outil de chantage monstrueux, des bombes capables de détruire l’Humanité entière ? La première bombe atomique voyait le jour au mitan du 20è siècle… Tout comme le premier ordinateur. Ce dernier permettait de battre des records de vitesse en calcul. Création exceptionnelle également !

Et si cette coïncidence de date était annonciatrice de la suite ? Et si les tuiles avançaient par deux ?

Au 20è siècle, l’Homme a mis au monde des outils spécifiques capables de détruire et d’asphyxier des populations entières ! Fort heureusement, le nom de « siècle des Lumières » était déjà pris ! Parce qu’effectivement, ces humains mutants auraient pu s’approprier ce superbe qualificatif ! Quelle horreur !

Qu’en est-il aujourd’hui ? Des pays se font la bourre : à qui aura la menace la plus grosse ? J’ai dit menace, n’y voyez pas une erreur de terme s’il vous plait… En revanche, ils s’échangent, se troquent des fichiers. Mais qui a le doigt sur le bouton ? Ceci est aujourd’hui secret… Quoi que… Nous pouvons parfois les apercevoir se taper sur le ventre.

Et le minus, lui, continue de bosser pour améliorer la machine infernale. Il est payé plutôt grassement pour resserrer les ficelles du filet, les maillons de la chaîne. Son salaire honorable lui permet de se perdre dans diverses consommations qui endorment sa conscience. Les tâches assurées par tous ces minus étant intelligemment distribuées et minutieusement réparties grâce à de féroces calculateurs, personne ne se rend vraiment compte de ce qu’il fait. Et cela, c’est fabuleux !

La Terre, vue d’en haut, est un jeu d’échecs ! Les pions noirs et les pions blancs.  Il y a ceux qui attaquent, qui avancent, inexorablement. Il y a les petits cavaliers qui préparent le terrain, petit pas par petit pas, les fous qui avancent de travers. Puis, au passage, il y a tous ceux qui se font culbuter et buter. Tout est savamment organisé. Echec et Mat ! Il manque juste une hache, pardon, un H voulais-je dire, pour passer du Mat aux Maths qui, aujourd’hui, sont exploités au maximum pour permettre justement d’asservir les copains, les voisins, les parents, les enfants, toute cette bande d’inconscients !

La Terre, vue d’en haut, est un grand tourbillon ! Les pièces s’affolent. Les pions se bousculent. Il y en a qui coulent et d’autres qui continuent malgré tout à les enfoncer au cas où ils se rateraient.

Comme l’Homme est amusant ! Parce que le plus drôle dans tout ça, c’est de regarder le décor mis en place pour jouer la grande scène. Ce décor est mielleux. Ce décor est presque appétissant. Il est même bienveillant. Tellement bienveillant qu’il en est attirant et finalement rassurant ! Car tout cela est pour notre bien.

L’être humain est constitué de deux parties distinctes qui ont bien souvent du mal à communiquer : le conscient et l’inconscient et celui qui dirige n’est pas celui qu’on croit…

La société mise en place pour que tous ces petits bonhommes avancent ensemble est constituée des deux mêmes parties : Les conscients et les inconscients.

Aujourd’hui, les conscients ou plutôt ceux qui se considèrent comme tels, dirigent le monde, tiennent les ficelles, heureux et fiers des directions soi-disant proposées mais finalement imposées. Ils énoncent être là pour nous et notre bien. Ils utilisent tous les leviers de la communication pour passer de la pommade sans dire qu’elle est constituée d’acide… Ils savent même progresser en se montrant l’opposé de qui ils sont vraiment. Ils utilisent les discours qui vont bien, ils introduisent des techniques reconnues pour être bénéfiques, ils vendent de la bienveillance et de l’empathie à tout bout de champ, prouvant leur bonne foi en introduisant à l’école des méthodes qui, sous couvert d’enseigner la philo et la communication, entretiennent la peur mais en même temps l’illusion de la toute-puissance, fléau installé de notre société et bien pratique pour entretenir notre système économique, ils préconisent le bien-être au travail tout en rendant le travail impossible, ils disent œuvrer pour la qualification des personnes mais ils assassinent les professions de la formation… Les exemples paradoxaux sont nombreux. Ces dirigeants, dont on ne sait d’ailleurs plus vraiment qui ils sont, sont les conscients. Oui, conscients de ce qui se passe. Ils calculent, recalculent, contrôlent, manipulent, enflent, exploitent et baisent ceux qui les écoutent et les suivent.

Mais ils oublient que l’inconscient existe et que oui, c’est lui qui dirige ! L’inconscient… ce disque dur de l’humain a tellement de pouvoir ! Mais il ne se voit pas… Il s’exprime seulement au travers de lapsus, d’actes manqués, de mots sortis trop vite, de comportements incontrôlés.

Et de là-haut, à califourchon sur mon aigle, je le vois frémir et cela me met en joie ! Rien n’est perdu. Il n’est jamais trop tard ! Les surprises existent depuis que l’être existe et bien avant ! La fatalité est une croyance limitante. De là où je vole, je vois plein de petits bourgeons qui préparent de jolies feuilles et des fleurs aux senteurs d’amour et cela fait du bien à mon cœur ! J’enlace cet oiseau merveilleux, je l’embrasse et le remercie de me permettre de prendre de la hauteur… Merci… Depuis quelques temps, je suffoquais et ne me reconnaissais plus… J’avais vraiment besoin de ce recul pour retrouver le sourire !

Anne WEYER

crédit photo : Ibrahim Rifath

Je vous invite à partager un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.