Coco est venu toquer à la porte de ma plume et m’a soufflé : « Dis-leur, s’il te plaît, dis-leur… ». 

Alors je vous transmets notre échange nocturne: 

– Je ne me calmerai que lorsque l’homme le fera aussi – Peux-tu m’en dire un peu plus Coco – Je viens réveiller les consciences
– Oui, je m’en doutais un peu
– La Terre s’exprime depuis un moment mais a la vague impression que peu de personnes l’écoutent. Alors, comme nous sommes très liés, cette belle bleue m’a demandé de lui donner un coup de pouce. Et me voici. Je m’infiltre partout et je sème la terreur…
– Ça, j’ai remarqué
– Peut-être mais nombreux sont les êtres qui courbent le dos, mettent leurs œillères et attendent que la vague passe. Ils n’entendent rien à mon message. Ils prennent des précautions pour leur petite personne, et pas toujours d’ailleurs… Mais voient-ils plus loin ? – N’est-ce pas déjà notre maladie contemporaine de voir toujours plus loin, de ne plus savoir 

vivre le moment présent ?
– Certes. Mais pas pour les bonnes choses
– C’est-à-dire ?
– Ils se projettent pour se rassurer. Ils réfléchissent à ce qu’ils vont mettre en place pour conserver leurs acquis, leurs richesses financières, pas forcément pour préserver la Terre qui les porte, qui les supporte et qui n’en peut plus de leur folie…
– Je te trouve radical Coco
– Oui, je suis radical car, en faisant le tour du monde, je dénombre ceux qui se questionnent, qui s’interrogent, et il y en a bien peu à mon goût. Alors, ça me donne la rage et je me déploie chaque jour un peu plus loin, chaque jour un peu plus fort. Je suis venu vous réveiller, je te le répète. Vous vous reposez trop sur vos lauriers !
– Qu’est-ce qui te permet d’affirmer ça ? Ne vois-tu pas celles et ceux qui se mettent en mouvement ?
– Trop nombreux sont ceux qui n’ont pas encore compris que la conscience écologique ne pourra naître que lorsque l’Humain s’appliquera aussi à mettre en place une écologie relationnelle. – C’est quoi l’écologie relationnelle ?
– C’est apprendre à prendre soin des liens. Combien sont aujourd’hui confinés dans leurs sphères individuelles, ne supportant plus d’être dérangés par l’autre, l’autre pouvant être leur enfant, leur compagnon ou compagne de vie, leur parent, leur ami… Ils font passer l’humain après leurs écrans. Ils se renferment dans leurs murs. Et aujourd’hui, avec l’arrivée de mon bouche à bouche, ils renforcent leur système pervers. Ils s’évertuent à maintenir leur équilibre tout déséquilibré. Les technocrates sont en panique. Les financiers, n’en parlons pas ! Ils étendent leurs réseaux, remplissent leurs tableaux de chiffres supplémentaires, bâtissent des hypothèses qui n’ont ni queue ni tête… ils s’affolent, mais pas pour les bonnes raisons. Ils s’affolent pour tenter de maintenir coûte que coûte le système qu’ils ont bâti et qui, petit à petit, exclut les plus faibles en leur prenant le peu qui leur reste.
– Si je comprends bien, plus tu vois l’Humain s’entêter à maintenir son système, plus tu te propages ? 

– C’est ça ! Alors, s’il te plaît, dis-leur de relever la tête, ne serait-ce que pour qu’ils constatent que le plus délicieux, c’est l’éclat dans les yeux de celui d’à côté, c’est le rire des enfants, la caresse du vent, le chant des feuilles balayées par le souffle de l’air, c’est le lien qui se tisse entre les êtres
– J’essaie de faire ça depuis un moment
– Oui, mais accélère, amplifie tes messages, parle plus fort, fais-toi entendre !
– Je te promets de faire ce que je peux
– Non que je veuille amplifier la menace mais, dis-leur aussi que s’ils ne se bougent pas, alors je sais muter
– Ah bon ?
– Oui. Si l’homme ne mute pas pour freiner sa folie meurtrière, je parle de celle qui enferme, qui contrôle, qui exclut, je peux me transformer en virus informatique ! – Oh là là ! La pagaille que ce serait !
– Mais c’est déjà la pagaille ! Seulement, l’être humain n’a plus cette conscience. Il ne se rend pas compte de ce qu’il participe à construire, affiner, amplifier, empoisonner… La preuve, il y en a qui sont contents de travailler sur leurs écrans de chez eux. Ils ne voient plus personne. Ils disent qu’ils sont moins dérangés. Mais c’est du délire ! Tu écriras là-dessus aussi ?
– OK Coco. Je te promets de le faire
– Merci. Je suis aussi puissant que l’homme d’aujourd’hui. Je n’ai simplement pas le même désherbant. Je suis d’ailleurs une part de vous… Regardez-moi bien et vous pourrez vous voir… 

Anne Weyer 

1 Comment

  • Merci Anne, au plaisir de vous lire

    POUGET
    Posted 29 mars 2020 at 11 h 20 min

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