Au pays des endormis, l’humain a besoin d’électrochocs pour se réveiller. C’est étrange d’en arriver là… Mais alors, d’où peut venir cette léthargie ? Qu’est-ce qui a pu instiller cette absence de mouvements, cette absence de conscience ? 

La science peut être… La science qui avance, qu’elle soit mathématique, médicale ou informatique, que sais-je encore… D’ailleurs, suis-je sûre d’utiliser les bons mots ? C’est à prouver, c’est à vérifier, bref, à contrôler !  

Les grands scientifiques d’hier, qu’ils s’appellent De Vinci ou Einstein, restaient, au-delà de leurs découvertes, reliés en permanence à plus grand qu’eux. Ils fabriquaient d’ailleurs des ponts entre leurs recherches et la recherche de sens. Mieux, ils les associaient. Alors, quand est-ce que ça a dérapé ? A quel moment la conscience s’est-elle inversée pour devenir la science des cons ? Qu’a-t-on fait des découvertes de ces grands hommes ? Des bombes et des bombes à retardement. 

Au fil des siècles, l’essentiel est devenu dérisoire. Les savants sont devenus les sachants. Ils se sont approprié les formules et s’y sont emprisonnés, fiers de la jouissance de leurs propres trouvailles pour ne plus voir qu’elle. Ils en ont oublié la magie du monde. Leurs machines sont devenues des machines à gaz. Et c’est vrai que le gaz peut endormir. Il y en a même qui en ont fait des chambres…

Oui, c’est cela, c’est cela qui se passe je crois…  

La communauté scientifique s’est égarée le jour où elle s’est focalisée sur un seul but : comprendre les phénomènes pour en tirer des prévisions justes et des applications fonctionnelles. Tout doit être fonctionnel ! 

Aujourd’hui, il y a même besoin de la science pour prouver que les intuitifs ne sont pas des fous. Merci chère physique quantique de venir à la rescousse des brebis égarées de la rationalité pour prouver et encore prouver que celles-ci ne sont pas tarées. Curieux adjectif qui me vient là pour une société qui tare tout ou qui tartine tout de ses calculs, de ses règles et de ses angles droits au point d’en devenir tarée.

Alors ces endormis ont besoin d’une explosion ou d’un incendie pour se réveiller. Et encore… certains sont tellement sourds et aveugles qu’un électrochoc devient nécessaire. Un électrochoc qui vient réveiller leurs peurs les plus profondes, leurs blessures les plus agissantes, leurs croyances les plus limitantes et surtout le confort de leur sommeil. Oui, surtout cela, parce que si l’électrochoc se passe chez le voisin, ils se contentent de clamer que c’est inadmissible, voire scandaleux… tous ces mots usités lors de débats de nantis menés autour de mets succulents arrosés des meilleurs vins. Oui, il faut que le feu les touche directement et surtout personnellement pour qu’ils se réveillent et se bougent enfin !

Quelle tristesse…

Le confort apporté par la science en s’éloignant de la conscience a nourri un équilibre complètement déséquilibré. 

Il y a les riches, il y a les pauvres. Il y a ceux qui savent, il y a les ignorants. Il y a les sérieux et il y a les guignols. Il y a ceux qui ponctionnent et il y a ceux qui se font ponctionner. Il y a ceux qui agissent et ceux qui les contrôlent. Il y a ceux qui parlent et ceux qui se mettent en mouvement. Il y a ceux qui se questionnent et il y a ceux qui ne se posent pas de questions. Il y a ceux qui divisent et il y a ceux qui tentent de rassembler, mais contre personne, juste pour la justesse, car à force de diviser, ça flambe. 

Entendez-vous ce signal ? Le feu peut se rapprocher. Il traverse les frontières, il traverse les villes. On le croit à l’autre bout du monde et il se retrouve à la porte de la maison. Tout va tellement vite aujourd’hui qu’une simple déclaration sur le déni du réchauffement climatique suffit à déclencher un incendie incontrôlable ! Y aurait-il plus fort que la science ?

Alors, que l’homme peut-il faire de ça ? S’enfuir et faire son nid ailleurs en laissant les flammes tout détruire derrière lui ? Dire, je l’ai échappé belle et s’imaginer qu’elles ne le poursuivront pas ?

La folie des hommes s’enflamme. 

Réveillez-vous ! Relevez les manches, vous avez tout en vous pour éteindre le feu. Quel est votre choix ? L’attiser, continuer à le nourrir ou calmer ses ardeurs ? Affûter vos couteaux ou arrondir les angles ? Rester raide ou vous mouvoir pour pouvoir de nouveau vous émouvoir de la beauté de la vie et du monde ?

Il y a la raison et il y a le cœur. Il y a ceux qui raisonnent sans cœur et ceux qui aiment sans raison. 

Je préfère les seconds. 

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