Présentation

Transmettre

 

Transmettre est un bonheur. Est-ce un job, une mission, une vocation ? Chacun son chemin. Le mien est un tricotage des trois, une natte qui se tresse avec patience, douceur et évidence. Je place sur le métier mon ouvrage du mieux que je le peux, du mieux que je le sens. Sans doute parfois maladroite, d’autres fois dans le juste, inlassablement je m’applique à construire, parce que, ce que je transmets a du sens pour moi, pour toi, pour vous, pour celui qui est proche et celui qui est lointain, pour celui qui est seul et pour ceux qui sont accompagnés, pour les enfants, adultes de demain, pour les adolescents et les anciens… Communiquer n’a pas de limite ni d’âge. Apprendre à le faire est urgent.

Mes journées se remplissent de transmissions orales et écrites.

Apprendre à savoir être avec soi et avec l’autre, être authentique sans être caustique, se montrer affirmatif sans être directif, sortir de l’opposition pour oser, au quotidien, l’apposition, lâcher le pouvoir pour goûter l’autorité et honorer la liberté d’être de tout un chacun sans supposer, imaginer, projeter, parler sur avec certitude et objectivité énoncées. Rire sans moquer, s’amuser sans ironiser. Dire sans provoquer. Jeter à la poubelle toute manipulation, aussi légitime qu’elle puisse paraître à celui qui la tisse, énoncée bien-sûr pour le bien de l’autre… Où cela commence-t-il ? Où cela s’arrête-t-il ? Existe-t-il une jauge qui pourrait rendre le constat parfait et donc indiscutable ? Pas à ma connaissance…

Cette jauge est en soi, à l’intérieur de chacun de nous. Puissions-nous chaque soir, prendre le temps de nous regarder dans la glace puis de nous interroger sur ce qu’on a lancé au cours de la journée et tenter de récupérer ce qui est parti trop vite, au nom d’une légitimité auto proclamée, d’une connaissance pointue, d’une expérience affichée, d’une prudence énoncée, d’une blague de potache… Faire la nique à la peur pour placer en premier les désirs qui émergent, sans les rendre pour autant, dictateurs et malsains.

Je propose à chacun de fermer les yeux juste quelques instants et puis d’imaginer des écharpes multicolores autour de vous… une couleur par relation… et de vous poser ces questions : ai-je pris soin de ce lien ? ai-je tenté de donner le meilleur ? me suis-je appliquée à choisir les mots justes ? les mots doux, les mots tendres, les mots affirmés et respectueux pour dire et me dire ? ai-je su être honnête et juste ? ou ai-je pollué, meurtri et maltraité ce canal, ce conduit ?

Si tel est le cas, puis-je le reconnaître et aussi l’admettre sans me fustiger afin de progresser sans me dévaloriser ni me culpabiliser ? Juste accepter ce qui est pour progresser encore…

Passer de la théorie à la pratique, c’est sortir de l’errance pour cheminer vers la congruence.

Anne Weyer